Victoire pour Laguiole qui retrouve officiellement son nom

LaguioleEn rendant sa décision le 21 octobre dernier, la cour européenne a mis fin à une bataille autour des célèbres couteaux de la marque Laguiole, bataille qui aura duré plus de 20 ans.

En 1993, un habitant de la région parisienne, Gilbert Szajner, dépose la marque Laguiole pour vendre de la coutellerie et de nombreux autres produits (linge de maison, vêtements, meubles…), tous estampillés Laguiole, du nom des célèbres couteaux fabriqués dans le village aveyronnais éponyme. Or, en 1987, la société Forge de Laguiole relançait la fabrication du célèbre couteau et une confusion s’installait entre les produits portant la même marque mais n’ayant aucun rapport.

Les produits de Gilbert Szajner n’étaient en effet pas fabriqués ni dans l’Aveyron, ni en France mais le plus souvent importés de Chine ou du Pakistan. En 2001, cet homme d’affaires avait demandé l’enregistrement de la marque auprès de l’Ohmi, l’organisme chargé d’enregistrer les marques au niveau européen, qui avait approuvé sa demande en 2005.

Cela faisait des années que le PDG de la société Forge de Laguiole, Thierry Moysset, demandait à pouvoir retrouver officiellement sa marque. L’annulation de la marque de Gilbert Szajner avait été obtenue en 2011 mais ce dernier avait introduit un recours devant la justice européenne. Ce 21 octobre, cette dernier a confirmé l’annulation de la marque Laguiole de Gilbert Szajner pour tous les produits considérés comme «outils et instruments à main entraînés manuellement», ce qui inclut les couteaux mais aussi les cuillers, scies, rasoirs, lames de rasoirs et nécessaires de rasage, limes, pinces à ongles, coupe-ongles et trousses de manucure, coupe-papier, tire-bouchons et ouvre-bouteilles, blaireaux à barbe et nécessaires de toilette, coupe-cigares et cure-pipes. Il n’en reste pas moins que pour toutes les autres classes de produits, la marque de Gilbert Szajner est maintenue.

Le PDG de Laguiole voit dans cette décision une victoire qui dépasse de loin la question de la marque. Thierry Moysset a notamment déclaré : « Vous avez aujourd’hui une Europe qui rend à la France un bassin coutelier, une pépite qui peut générer de l’emploi, un terroir ». A noter que le village attend maintenant l’octroi du label « Indication géographique » que la Communauté européenne octroierait pour les produits artisanaux et manufacturés (aujourd’hui, ce label ne concerne que les produits alimentaires). La France a tout intérêt à appuyer cette demande qui ne peut que promouvoir la richesse de l’artisanat et des productions traditionnelles de ses régions.

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