Saint James, une entreprise qui revient de loin

Devenue une entreprise en 1889, Saint James siège dans la ville éponyme, près du Mont-Saint-Michel. Destinées aux pêcheurs et marins, les collections de pulls en laine de Saint James ont bâti leur renommée en France et dans d’autres pays. Les rachats successifs de l’entreprise ces dernières années accentuent sa volonté de maintenir son identité et son origine.

Saint James LogoSaint James : cent ans d’histoire

L’entreprise de tricotage Saint James voit le jour vers 1850 en Basse-Normandie. Le maire du petit village de Saint James, Léon Legallais, convertit la manufacture en une vraie fabrique qui se spécialise dans la filature et la teinture de la laine. Au départ, la vente d’écheveaux et de pelotes fait fonctionner l’entreprise, puis elle s’oriente vers l’habillement. Les vêtements tricotés en laine séduisent aussitôt les marins et pêcheurs, puis les citadins des villes de France et d’autres pays comme le Japon, le Canada et les États-Unis.

À ses débuts, l’entreprise produit des chemises en laine qui dérivent du pull marin. Vêtements chauds, ils sont tout de suite adoptés par les pêcheurs de Saint-Malo et de Cancale. La réputation du pull griffé Saint James a fait de la Marine française son plus important client pendant des années. Dans les années 70, la société commence à commercialiser pour le grand public. Outre les collections destinées à l’hiver, elle produit également des vêtements estivaux vers les années 1980. Tout en conservant son identité via les pulls marins, Saint James étend sa gamme vers des collections orientées sportswear chic.

Le made in France, une arme de bataille contre les concurrents

Saint James et son rival Armor Lux se battent pour asseoir leur notoriété à travers un argument de taille, le made in France. Armor Lux décroche en août une commande de 400 marinières de la part d’Arnaud Montebourg. L’entreprise bretonne a ainsi fait la Une du Parisien et depuis ses ventes ont grimpé de 15%. Un véritable coup dur pour Saint James qui s’enorgueillit d’être celui qui promeut depuis longtemps la qualité du textile française. Le nouveau président de la marque n’a pas mâché ses mots, il affirme haut et fort que son entreprise fabrique la totalité de ses vêtements en France contre 60 % pour son concurrent.

Cette réputation permet à Saint James de fidéliser ses clients depuis des années. Loin des premières pages des journaux français, l’entreprise concrétise pourtant un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros, dont plus de 20 %, voué à l’exportation. L’esprit marin des vêtements lui assure la place de leader sur le marché français. La flexibilité et la souplesse des vêtements ainsi que le fait qu’ils soient en totalité fabriqués en France constituent ses cartes maîtresses pour demeurer le meilleur dans son domaine.

Le changement de dirigeants, marque d’un renouveau ?

Saint James est racheté par ses cadres décisionnaires suite au départ à la retraite de ses anciens dirigeants, Yannick Duval et Joël Legendre. Une décision qui entre en vigueur dès début 2013. Cette opération témoigne du concept de continuité qui existe dans l’entreprise depuis les années 90. En effet, les anciens patrons tiennent à ce que la société ne soit pas vendue aux plus offrants et préfèrent donc qu’elle soit reprise en LBO ou acquisition par emprunt. Ainsi, l’ex-adjoint au directeur financier, Patrice Guinebault, évolue en tant que directeur général tandis que Luc Lesénécal occupe le poste de président de direction.

Ce type de rachat n’est pas étranger à Saint James. La firme s’est toujours transmise entre dirigeants et employés. Appartenant à la famille Bonte depuis les années 1950, le propriétaire, Bernard Bonte la cède, quarante ans plus tard, à ses salariées dont les leaders sont Duval et Legendre. Ces derniers ont mené la société avec une audace particulière tout en conservant l’image du made in France afin de pouvoir se défendre contre les phénomènes de délocalisation qui envahissent le secteur textile.

Suite à ce rachat, le nouveau président garantit que les 300 postes existants seront maintenus. Ces personnes travaillent dans l’usine à Saint James et dans ses trentaines de boutiques réparties en France et dans d’autres pays du monde. L’entreprise montre une bonne forme financière. En 2011, elle réalise un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros dont un tiers des produits finis sont destinés à l’export. Son principal atout réside dans ses boutiques de commercialisation. De ce fait, elle entretient une communication plus rapprochée avec ses consommateurs. Elle se veut autonome et indépendante de la grande distribution.

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