Le site d’achats groupés Groupon a-t-il de l’avenir ?

L’activité de Groupon, société spécialisée dans les coupons de réduction sur internet (yield management), a généré un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros en 18 mois. La valorisation de la compagnie a dépassé les 60 milliards de dollars. Dans le contexte actuel malheureusement, la pérennité du secteur semble en danger.

CouponLes coupons n’ont plus d’intérêt

L’efficacité des coupons de réduction dépend de l’atteinte de trois objectifs. En premier lieu, ils absorbent les coûts fixes du marchand en augmentant la quantité vendue, bien que la marge réalisée soit parfois faible. Par ailleurs, les coupons renforcent la notoriété du commerçant, lui permettant de conquérir de nouvelles parts de marché et de fidéliser les nouveaux clients. Les coupons sont très appréciés dans le secteur de la restauration : 36 % des restaurateurs indiquent y avoir recours soit pour augmenter les flux de clientèles dans leur établissement (51 %), soit pour faire découvrir une nouvelle offre (41 %). Mais le fait est que ces coupons sont de plus en plus distribués via internet. Or les commerçants ne retrouvent pas dans cette méthode les avantages qu’ils tiraient des coupons traditionnels. Au contraire, leurs marges sont négatives, l’intermédiaire doit être rémunéré, l’impact sur la notoriété est absent et la fidélisation inexistante.

Vers la fin de Groupon ?

Les coupons distribués sur internet profitent plus aux consommateurs et aux sites plutôt qu’aux commerçants. C’est à cause de ce constat que ces derniers recherchent aujourd’hui de nouvelles stratégies de promotion. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’aux États-Unis, Groupon ait noté une baisse de 25 % de son trafic, au cours de la dernière semaine d’août 2011 par rapport à la deuxième semaine de juin 2011. De plus, la montée en puissance de concurrents sur le segment des « deals du jour » n’arrange rien à l’affaire. En fait, le marché semble aujourd’hui saturé : les commerçants désertent, les concurrents affluent et les consommateurs se désintéressent progressivement. Cependant, les experts estiment que ce ralentissement révèle plus la saisonnalité de l’activité qu’un signe de faiblesse. Le trafic sur Groupon a certes diminué, mais il faut rappeler que le chiffre d’affaires du groupe au troisième trimestre 2011 a atteint 430 millions de dollars soit une hausse de 10 % par rapport au deuxième trimestre précédent.

Le succès semble toujours au rendez-vous

Il ne s’agit donc que d’une perte de vitesse estivale, le succès n’ayant en aucun cas été altéré. Les études de la société Experian révèlent d’ailleurs que le trafic sur le site de Groupon a augmenté de 163 % entre août 2010 et août 2011. Aussi, la baisse de 25 % sur la dernière semaine d’aout 2011 ne peut être sujette à préoccupation pour l’avenir de Groupon. En revanche, il y a effectivement une perte de vitesse, mais par rapport à la concurrence. En effet, sur la même période d’août 2010 à août 2011, LivingSocial enregistrait par exemple une hausse de 358 % du nombre de visites sur son site. Un chiffre qui témoigne d’une progression plus rapide, mais qui ne veut pas dire que Groupon n’a plus d’avenir. Côté restaurateurs le cabinet américain Technomic indique que 51 % des professionnels ayant investi dans le yield management avouent être satisfaits de l’impact sur leurs activités. Sans compter les 46 % qui constatent un bon retour sur investissement. Pour l’instant, Groupon n’a donc aucune raison de réviser sa position.

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